5 bonnes raisons d’aller à Venise
Des palais du Grand Canal aux couvents cachés, la 61e Biennale de Venise, jusqu’en novembre, gagne toute la ville et fait résonner l’esprit de « in Minor Keys », thématique de cette édition consacrée aux voix tenues à l’écart.
Cette année plus que jamais, la Biennale d’Art contemporain déborde largement des Giardini et de l’Arsenal. Orpheline de sa commissaire, cette 61 édition placée sous le signe du thème « In Minor Keys » invite à écouter les récits périphériques et les géographies restées en marge, tandis que fondations, palais oubliés et couvents transforment la Sérénissime en exposition à ciel ouvert. Notre sélection !
Raison 1 : Découvrir le palazzo en vue

Silhouettes par Comme des Garçons 2025, Christian Lacroix 2004 et Kate MccGwire 2008 © Matteo de Mayda

Photo de Steven Shearer © Matteo de Mayda
À peine ouverte, la Fondazione Dries Van Noten s’impose déjà comme l’une des adresses les plus attendues de la Biennale. Installée dans le somptueux Palazzo Pisani Moretta, sur le Grand Canal, la fondation inaugure son aventure avec « The Only True Protest is Beauty », une exposition imaginée par le créateur belge lui-même. Plus de 200 œuvres et objets y dialoguent à travers vingt salles, mêlant mode, design, photographie, verre, céramique et artisanat d’art. Christian Lacroix y croise Ettore Sottsass, Hubert Duprat, les maîtres verriers de Murano, dans un parcours qui célèbre la beauté sous toutes ses formes. Une ouverture remarquée avant la restauration du palais.
« The Only true protest is beauty » jusqu’au 4 octobre, fondazionedriesvannoten.org
Raison 2 : Prendre le pouls du monde

Amar Kanwar présentée à la Punta della Dogana © PG
De l’Atlantique noir à l’Indonésie, du Brésil à l’Inde, les deux sites vénitiens de la Collection Pinault compose cette année un véritable carrefour des imaginaires. À la Punta della Dogana, la rétrospective consacrée à Lorna Simpson déploie dix années d’une œuvre qui interroge l’identité, la mémoire et les représentations afro-américaines, tandis que le Brésilien Paulo Nazareth présente un parcours nourri de voyages, de spiritualité et d’histoires invisibles. Au Palazzo Grassi, les vastes toiles du peintre kényan Michael Armitage dialoguent avec les installations poétiques et méditatives du cinéaste indien Amar Kanwar. Quatre artistes, quatre continents et une même invitation à regarder le monde différemment.
« Lorna Simpson. Third person » et « Paulo Nazareth. Algebra », Jusqu’au 22 novembre.
« Amar Kanwar. Co-travellers » et « Michael Armitage. The Promise of change », jusqu’au 10 janvier.
pinaultcollection.com

Michael Armitage au Palazzo Grassi © Marco Cappelleti Studio
Raison 3 : Regarder l’Amérique en face

La Fondazione Prada ©Andrea Rossetti

Vue de l’exposition « Helter Skelter » ©Andrea Rossetti
L’une des rencontres les plus inattendues de la saison réunit, à la Fondazione Prada, deux figures majeures de l’art contemporain : Richard Prince et Arthur Jafa. Sous le commissariat de Nancy Spector, les deux artistes confrontent leurs univers nourris de cinéma, de musique, de science-fiction, de culture pop et d’images glanées sur les réseaux sociaux. De cette correspondance visuelle est née une exposition où vidéos, photos et collages auscultent les mythologies américaines, qu’il s’agisse de l’identité afro-américaine chez Jafa ou de la masculinité blanche chez Prince.
« Helter Skelter. Arthur Jafa and Richard Prince », jusqu’au 23 novembre, fondazioneprada.org
Raison 4 : Mesurer le poids des choses

Installation d’Erwin Wurm au museo Fortuny ©Markus Gradwohl

L’une des « One minute sculptures » d’Erwin Wurm présentée à Fortuny
©Markus Gradwohl
Dans les salons du Museo Fortuny, Erwin Wurm orchestre une rencontre aussi improbable que réjouissante entre les plissés du maître vénitien et son univers peuplé de voitures obèses, de sacs en jambes et d’objets détraqués. Figure majeure de la sculpture contemporaine, l’Autrichien détourne le quotidien avec un humour irrésistible, invitant même les visiteurs à devenir eux-mêmes des œuvres à travers ses célèbres « One Minute Sculptures ». Derrière le burlesque affleure une critique des excès de nos sociétés, du consumérisme aux normes imposées aux corps.
« Erwin Wurm. Dreamer », jusqu’au 22 novembre, fortuny.visitmuve.it
Raison 5 : S’offrir les « musts » de la Biennale

« Comme Saturne » de Yto Barrada dans le pavillon français
©Andrea Avezzù
Autre temps fort de cette Biennale : les pavillons nationaux. La France mise sur les métamorphoses poétiques d’Yto Barrada avec « Comme Saturne ». À Cannaregio, le Saint-Siège transforme un jardin monastique en expérience sonore immersive imaginée par Hans Ulrich Obrist et Ben Vickers avec Soundwalk Collective. Une proposition contemplative parmi les plus singulières de cette Biennale. Avec « Los restos », l’Espagne représentée par Oriol Vilanova recouvre ses murs de milliers de cartes postales collectionnées pendant plus de vingt ans et classé chromatiquement. Coucher de soleil, chats, figures religieuses composent une archive de l’imaginaire collectif. Quant à l’Autriche, elle créé l’évènement avec son parc d’attractions aquatique, « Seaworld Venise », signé Florentina Holzinger, figure majeure de la performance contemporaine. Une expérience physique et visuelle à vivre.
Jusqu’au 22 novembre, labiennale.org

« The Ear is the eye of the soul », pavillon du Saint-Siège
©Andrea Avezzù

« Los Restos », pavillon espagnol
©Jacopo Salvi

« Seaworld Venice », pavillon autrichien
©Andrea Avezzù
Articles similaires
- All
- Arts visuels & Art de vivre
- Cinéma & Audiovisuel
- Creator Economy
- Cultur’Export
- Édition
- Jeux vidéo
- Mode & Création
- Musique & Spectacle vivant
- Quartier Général
- South by Southwest