Le Bon Moment, le startup studio dédié aux marques des créateurs de contenus
Ce label dédié à la creator economy aide les talents issus du numérique à élargir leur univers et diversifier leurs sources de revenus. Les fondateurs, Kyan Khojandi et Donatien Bozon, entendent les accompagner dans la création et le lancement de leurs produits ou services à destination du grand public.
La creator economy n’est plus un marché de niche ou d’individualités, mais une industrie qui se structure avec ses propres standards et logiques de financement, autour de créateurs devenus de vrais médias et dont le potentiel n’est plus à prouver. D’abord reconnus pour leur créativité, leur humour, leur goût pour l’aventure, leur sens du storytelling ou leur capacité à mobiliser leur communauté, ces profils issus du web se sont révélés tout aussi capables d’imaginer et mettre sur pieds des projets d’envergure, de rassembler du publc lors d’événements, mais aussi d’élargir leur concept avec des produits et services en adéquation avec leur univers, leur personnalité, leurs centres d’intérêt et ceux des personnes qui les suivent.
Le secteur est arrivé à maturité, comme l’a bien montrée la dernière Paris Creator Week, un événement professionnel de référence dédié à la creator economy organisé à Paris (notamment à Station F), qui réunit créateurs de contenu, plateformes, marques, agences et investisseurs autour des enjeux économiques, culturels et créatifs du secteur. Mais aussi l’édition 2026 de South by Southwest, festival incontournable depuis sa création en 1987 où les experts, créateurs, artistes et entrepreneurs du monde entier viennent tester, confronter et accélérer les tendances qui façonneront les industries culturelles de demain. Bpifrance et La French Touch, en partenariat avec le Centre national du cinéma et de l'image animée - CNC - et We Are, y ont embarqué une trentaine d’entreprises, et organisé la French Touch rendez-vous avec le soutien de la Villa Albertine, de l’Institut français pour la culture et l’éducation, ainsi que la Chambre de commerce franco-américaine du Texas, proposant une vitrine à la création à la française et à son ambition internationale. Au-delà de cette forte présence française, de nombreux panels ont mis en lumière les créateurs comme de véritables acteurs économiques, capables de construire leur marque dans un écosystème toujours plus diversifié, confirmant que le secteur est entré dans une nouvelle ère, plus structurée, plus professionnelle.
Créateur, artistes entrepreneurs, le bon moment pour lancer sa marque
Un véritable tissu économique se structure autour des créateurs, attirant investisseurs, outils technologiques, agences et studios. Le Bon Moment, startup studio créé par Kyan Khojandi et Donatien Bozon, s’inscrit dans cette dynamique. Le premier, créateur multi format, a toujours refusé les cadres rigides (seul-en-scène dans son spectacle Une bonne soirée joué en 2019 et 2020, co-animateur de l’émission et podcast Un Bon Moment, lancé à l’automne 2020, réalisateur de série de fiction avec Bref 2 sortie en 2025). Le second, acteur clé de la creator economy passé par Daily Motion, YouTube et Snapchat, a assisté à l’émergence d’une nouvelle économie depuis ses balbutiements il y a vingt ans et a vu le secteur évoluer, aidant les créateurs de contenus à comprendre comment diffuser leurs œuvres via ces nouveaux outils, et en vivre via le partage de revenus et le sponsoring. C’est lors du passage de ce dernier chez YouTube que les deux futurs associés se rencontrent. « A l’époque, tout le monde prenait les créateurs de contenus un peu de haut. On parlait de petits créateurs, de petites vidéos… nous n’étions pas d’accord avec ça. Peu de gens comprenaient qu’ils allaient être les prochains réalisateurs de films, de documentaires, qu’ils étaient aussi des entrepreneurs aux multiples casquettes », se souvient Donatien Bozon.
De cette connivence et de leur coup de foudre créatif germent plusieurs projets de collaboration. Ils concrétisent plus tard l’idée d’accompagner les créateurs de contenus et les artistes à lancer leur propre marque, « pas seulement des produits dérivés ou du merchandising, mais des produits ou services de grande consommation », précise l’intéressé. L’avantage de créer sa marque en tant que créateur de contenu ? « On se passe des frais d’acquisition marketing, qui sont souvent un gouffre pour les industriels qui veulent lancer un nouveau produit et peuvent représenter la moitié du budget de développement d’une marque. Dans notre modèle, on peut aller plus vite, réduire le risque et mettre plus de budget dans le produit en lui-même », explique Donatien Bozon. Le premier lancement du Bon Moment, prévu en mai, sera celui d’une marque d’un artiste international qui s’est d’abord fait connaître dans la musique, puis celle d’un créateur de contenu français issu de YouTube. Le moment ou jamais de se confronter au marché. A l’heure actuelle, Le Bon Moment accompagne les marques uniquement sur un volet physique dans la grande distribution et le food service (restauration hors domicile) : « avec les DNVB (Digital Native Vertical Brand, une marque née en ligne, qui conçoit, produit et vend directement à ses clients, sans intermédiaires, en maîtrisant toute la chaîne de valeur, ndlr), il est beaucoup plus difficile de faire du volume et les frais d’acquisition sont énormes, à cause de la compétition avec d’autres sites marchands. Nous n’allons pas exclure la vente en ligne, mais elle sera accessoire », explique le CEO, qui entrevoit des possibilités de développement dans la banque en ligne ou les télécoms.
Lancer sa marque en tant que créateur de contenu : lever les freins d’accès au marché
A l’heure où la creator economy se structure, de nombreuses personnalités pourraient être tentées de lancer leur marque, étendre leur univers et faire appel à ces startup studio d’un genre nouveau, permettant de diversifier leurs revenus et être moins dépendant des deux sources principales que sont le partage des revenus et le sponsoring. Dans ce modèle, les créateurs sont en effet entièrement soumis aux changements des algorithmes et des règles de monétisation qu’ils ne maîtrisent pas et qui peuvent fortement les impacter, tout comme ils sont liés aux décisions internes des marques avec lesquelles ils collaborent. « Avec Le Bon Moment, on fait comprendre aux créateurs qu’ils ont une communauté qui leur font confiance, et qu’ils ne sont pas obligés de louer cette influence à des marques externes. On leur apporte notre expertise sur des compétences métiers spécifiques comme le développement produit, la grande distribution, le marketing, le sourcing des fabricants, les financements pour amorcer le projet. On lève ces freins, et on leur laisse les tâches sur lesquelles ils ont une vraie valeur ajoutée, le storytelling, l’identité de marque et la promotion du contenu auprès de la communauté », confie Donatien Bozon.
Pour le CEO, tout profil de créateur peut ainsi aspirer à lancer sa marque, mais plus que le nombre d’abonnés ou la force de frappe, pour réussir il faut s’assurer de pouvoir la défendre sur le long terme. « Nous ne voulons pas simplement prendre le visage d’une personne connue et la coller sur un produit existant », affirme le dirigeant, qui préfère miser sur des projets pour lesquels les porteurs seront capables de s’impliquer. « Certains créateurs de contenus ont peut-être été habitués à être égéries sur de courtes périodes puis à passer à autre chose. Ici on parle de temps de développement qui peuvent prendre neuf mois, parfois un an, puis de défendre la marque sur des années, sur trois, cinq, peut-être dix ans le temps de la faire grandir. Nous nous assurons que les créateurs qui souhaitent travailler avec nous soient conscients de ça, et cherchons des gens réellement passionnés par leur sujet, tout en gardant à l’esprit que la priorité pour eux est le développement de leur communauté. »
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