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L’Iconique vasque olympique des Jeux de Paris, quand le feu sacré rencontre le design français

Depuis les premiers Jeux olympiques modernes, la vasque est un symbole universel qui incarne l’esprit de paix, d’excellence et de rassemblement. En 2024, la France a réinventé cet objet mythique en conciliant tradition, design, innovation et savoir-faire local. Deux ans après les derniers Jeux, tout comme l’année passée, l’iconique vasque de Paris fait son grand retour au Jardins des Tuileries du 21 juin (Fête de la Musique) au 14 septembre (Fête nationale du Sport) 2026. A cette occasion, la French Touch vous raconte son histoire.

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FT L'iconique Vasque Bannière

La flamme olympique, une tradition antique

La flamme trouve ses origines dans l’Antiquité grecque. Avant chaque Jeux, qui se déroulaient systématiquement à Olympie, le feu sacré y était allumé par la concentration des rayons du soleil sur un miroir parabolique. Puis, le feu était transporté jusqu’au site des Jeux par des relayeurs. Ce rituel symbolisait la paix olympique, une trêve sacrée permettant aux athlètes et aux spectateurs de voyager en sécurité vers Olympie. La flamme, une fois allumée, était entretenue par des prêtres et brûlait pendant toute la durée des Jeux. Pas encore dans une vasque tel que nous la connaissons aujourd’hui, mais sur l’autel de Zeus, honorant les dieux et unifiant les cités grecques.

La vasque, une invention liée aux Jeux modernes

C’est à partir de 1896 que les Jeux n’ont plus lieu uniquement à Olympie mais dans différentes villes du monde, et que s’ouvre l’ère des Jeux modernes, portée par l’historien Pierre de Coubertin. Lors des premiers Jeux de ce type, en 1896 à Athènes, une flamme est allumée, mais sans relai de la torche ni vasque olympique permanente. De nombreuses éditions se succèdent, sans qu’aucun feu ne soit allumé. Lors des Jeux de Paris en 1900 par exemple, aucune flamme n’est associée à l’évènement. En 1924, une nouvelle fois à Paris, une flamme symbolique fut allumée dans un brasero au stade de Colombes, marquant déjà l’importance du design dans la symbolique olympique. Mais c’est lors de l’édition suivante que la tradition renoue réellement avec la flamme – la vasque dans son état actuel ne va pas tarder à faire son apparition.

Parade pendant les Jeux olympiques à Paris, le 12 juillet 1924.

C’est en 1928, lors des Jeux d’Amsterdam, que les Jeux renouent donc réellement avec la tradition de la flamme olympique. Cette année-là, elle est allumée à Olympie, mais sans relai jusqu’à la ville hôte. C’est en 1936, pour les Jeux de Berlin, que le premier relai moderne est organisé, et que la torche et son réceptacle deviennent des éléments centraux de la cérémonie d’ouverture, sur proposition de Carl Diem, universitaire allemand, théoricien du sport et de l’éducation physique ayant participé à l’organisation de ces Jeux. La torche part d’Olympie pour symboliser la continuité entre la Grèce antique et les Jeux modernes, puis à la fin de son voyage la vasque est allumée dans le stade. Les éditions suivantes des Jeux ont ensuite conservé cette tradition, gardant également la vasque comme symbole de l’évènement. Chaque édition donne depuis lieu à une vasque unique, conçue pour refléter la culture et les valeurs du pays hôte, et qui peut aussi être une occasion de réinventer le rituel. Ainsi, la vasque des Jeux de Barcelone 1992 fut allumée par une flèche enflammée, tandis que celle de Pékin 2008 a été conçue en forme de parchemin géant.

Jeux olympiques de Pékin, 2008.

Paris 2024, une cérémonie inoubliable

Grandiose serait sûrement un euphémisme pour décrire la cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris, le 26 juillet 2024. Il y a eu le coup d’envoi sur le pont d’Austerlitz, qui s’est embrasé aux couleurs du drapeau français. Il y a eu la parade des athlètes, un défilé inédit de 85 bateaux sur la Seine, du quai d’Austerlitz à la tour Eiffel. Il y a eu une magnifique mise en lumière de la culture française et une véritable démonstration du savoir-faire tricolore dans tous les domaines de la création, de la mode au spectacle vivant en passant par l’art et le jeu vidéo. Il y a eu du spectacle, Lady Gaga sur l’Île-Saint-Louis, Gojira à la Conciergerie, Sofiane Pamart et Juliette Armanet sur la Seine, Aya Nakamura et la Garde républicaine sur le pont des Arts... Il y a eu tant de moments inoubliables pour cette cérémonie suivie par plus de 24 millions de téléspectateurs en France et diffusée dans 222 pays.

Dans toute cette effervescence, la flamme s’est frayé un chemin jusqu’à la vasque. Son parcours a débuté le 16 avril 2024 à Olympie, après son allumage dans le respect de la tradition. Elle est ensuite arrivée en France, à Marseille, le 8 mai, traversant 68 territoires français avant d’atteindre Paris. Pendant la cérémonie, son relai a été assuré par de nombreuses légendes du sport comme Zinédine Zidane, Rafael Nadal, Serena Williams, Carl Lewis ou encore Amélie Moresmo avant son allumage final par Marie-José Pérec et Teddy Riner à 23H24 au Jardin des Tuileries, symbolisant le début officiel des Jeux.

Passage de relai de la flamme olympique entre Rafael Nadal et Amelie Mauresmo pendant la cérémonie d'ouverture des Jeux de Paris, le 26 juillet 2024.

Une vasque unique et innovante

Le monde a pu alors découvrir l’iconique vasque des Jeux de Paris 2024 : une structure élégante de 12 mètres de haut, légère, magique, fédératrice, un anneau de feu porté par un ballon capable de s’envoler à 60 mètres de hauteur, pensé pour s’intégrer parfaitement dans le paysage parisien. Conçue en acier inoxydable et en verre soufflé, le design de cette vasque a été imaginé par Matthieu Lehanneur, en collaboration avec une multitude d’entreprises, des artisans et des industriels. La fourniture de l’acier inoxydable pour la structure de la vasque a été confiée à ArcelorMittal, l’entreprise Goude Glass a quant à elle été sollicitée pour les éléments verriers techniques. La construction de la vasque finale a été confiée à l’Atelier Blam, qui a également travaillé sur la faisabilité globale projet, en collaboration avec EDF. La société Lumières Utiles a amené le système de pilotage et de gestion de l’éclairage LED et de la brumisation d’eau, Gauthey Industrie a fabriqué les armoires électriques nécessaires au fonctionnement de la vasque. Le cabinet artéOh a coordonnée le montage sur site, la société Aerophile a conçu et fabriqué le ballon captif qui porte la vasque à 60 mètres de hauteur et que Belle Environnement a participé à la logistique et à l’installation de l’ensemble, tandis qu’EDF a développé la flamme électrique.

Car si cette vasque iconique a marqué l’histoire des Jeux olympiques, c’est aussi car elle a été imaginée avec une flamme qui brille sans combustion, exempte de toute pollution, symbole d’innovation durable. Elle est en effet 100% électrique, l’anneau de 7 mètres de diamètre faisant le tour de la vasque ne contient ainsi pas de feu mais de l’eau et de la lumière : 200 buses de brumisation haute pression produisent un nuage de vapeur d’eau, éclairé par 40 projecteurs LED et sculpté par des ventilateurs. Une prouesse technique qui produit l’effet de scintillement et de fumée, comme une vraie flamme, et ce quelles que soient les conditions météorologiques (pendant les Jeux de Paris, la vraie flamme olympique a elle été conservée dans une lanterne). Lorsque la vasque est dans les airs, un tuyau permet de l’alimenter en eau et en air. Le ballon, lui, est un clin d’œil du designer à l’histoire française des premiers vols en ballon des frères Montgolfier et du physicien Jacques Charles : les premiers ont conçu un ballon à air chaud à bord duquel le savant Pilâtre de Rozier et le Marquis d'Arlandes ont pris pour la première fois la route des airs en 1783, le second réalisera quelques semaines plus tard, au départ du jardin des Tuileries, le premier vol en ballon à gaz rempli d'hydrogène. Un même symbole qui résonne encore à notre époque, sur une terre d’excellence en matière de design et d’innovation.

19 septembre 1783 : lâcher de montgolfière à Versailles en présence du roi Louis XVI par les frères Montgolfier. Gravure extraite du livre Album des découvertes scientifiques célèbres en 1899

Une vasque mythique qui incarne aussi la transmission et l’engagement écologique de Paris 2024 : elle est en effet démontable et réutilisable, une première dans l’histoire des Jeux qui permet d’envisager sa réinstallation aux Tuileries jusqu’aux Jeux de Los Angeles en 2028, prolongeant ainsi son rôle de symbole et d’attraction touristique bien au-delà de la clôture des Jeux de Paris. En 2025, l'invention du designer Mathieu Lehanneur a attiré en 2025 quelque 2,5 millions de visiteurs.

Un choix qui symbolise la volonté de pérenniser l’héritage olympique et permettra sûrement de raviver la flamme des Jeux, et de la création.

Eté 2025 aux Jardin des Tuileries, à Paris.

Pour aller plus loin :

Comment ont-ils donné vie à la cérémonie des JO de Paris 2024 ? Thomas Jolly et Thierry Reboul étaient sur la scène Plein Cadre, à We Are French Touch 2024.

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